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Volume 1 / Athens 1999

L' intérêt pour les Juifs de Grèce

by Odette Varon-Vassard

L'intérêt pour les Juifs de Grèce commence à se manifester dans les milieux scientifiques grecs au cours des années '90. Le premier colloque avait pour thème Les Juifs en Grèce. Questions d'histoire dans la longue durée, il fût organisé en automne 1991 à Salonique, par l' "Association pour l'étude des Juifs de Grèce", nouvellement fondée à l'époque et avait un caractère expérimental (Actes du premier colloque d'histoire [en grec], supervision Efi Avdela - Odette Varon-Vassard, éd. Gavriïlidis, Athènes 1995). Le Colloque tentait d´embrasser la totalité de la recherche effectuée, la période choisie était donc celle de "la longue durée" depuis l´époque byzantine jusqu´au génocide. Pour la première fois une manifestation de cette importance était organisée autour de ce sujet en Grèce (seize intervenants, parmi lesquels cinq étrangers, dont les communications ont été publiées en anglais ou en français dans les Actes / à noter un article en anglais de Hagen Fleischer sur la déportation des Juifs en Grèce).

Les conférences isolées ou les quelques publications ayant vu le jour jusqu'alors n'étaient en fait que le produit de recherches personnelles ne répondant pas à un questionnement scientifique collectif et ne s'inscrivant pas dans une problématique plus vaste, ce qui en minimisait leur portée. En avril 1998, un colloque sur le même thème eut lieu à Athènes organisé par la "Société d'Études de l'École Moraïtis", il a suscité un large intérêt (les Actes seront publiés d'ici la fin de l´année 1998). Nous sommes tentés de regarder derrière nous afin de constater que le chemin parcouru pendant ces sept années a été long. En effet, nous pouvons noter : la parution d'un certain nombre de publications, l'organisation de plusieurs Journées d'Etude et de manifestations mais, ce qui apparaît le plus important, est la création pendant cette période d'un climat propice à accueillir et à développer de telles études, de sorte qu'aujourd'hui elles s'inscrivent dans un champ d'intérêt scientifique bien délimité. C'est ainsi que l'historiographie grecque développe sa propre dynamique, participant au débat international autour de questions analogues. A partir des années '90 le champ des études autour des Juifs a donc commencé a se constituer en Grèce.

L´importance de ce fait dépasse les études historiques et s´étend à la société elle-même. La reconnaissance du fait que pendant plusieurs siècles une communauté héterodoxe (de religion juive) ayant, dans le cas des grandes communautés sépharades, sa propre langue (le judéo-espagnol), a coexisté avec la communauté chrétienne orthodoxe hellénophone sur le territoire grec, revêt une importance capitale pour l'historiographie grecque. Cette reconnaissance bat en brèche l'image monolithique d'un État néohellénique (constitué après la libération du joug ottoman) s'appuyant sur une unité religieuse et linguistique.

Il importe, pour notre conscience historique actuelle, de ne pas ignorer que depuis 1492 (date d'expulsion des Juifs de l'Espagne et de leur accueil par l'empire ottoman sur ses propres territoires) jusqu'en 1943-1944 (date de déportation de la majeure partie de la population juive de Grèce et de son extermination dans les camps de concentration), soit pendant quatre siècles et demi - et je ne me réfère qu'à l'histoire moderne - il y a eu coexistence des deux communautés dans plusieurs villes du territoire qui allait devenir l'État grec - parallèlement avec une troisième communauté : la communauté musulmane. C'est sous cet angle-là qu'il est, à mon avis, important pour l'historiographie grecque de s´ouvrir à ces questions, et non de les considérer exclusivement comme une partie de l'histoire des Juifs. Si cette prise de conscience joue un rôle dans la formation de l´identité nationale d´aujourd´hui, sans être considérée comme une menace pour cette dernière, un pas important serait franchi. D'ailleurs, l'histoire des Juifs en diaspora n'est jamais uniquement l'histoire d'une communauté juive. Sa spécificité est d'être chaque fois l'histoire d'au moins un autre peuple, avec lequel les Juifs coexistaient pacifiquement ou par lequel ils étaient persécutés.

Je vais à présent signaler les étapes les plus significatives de cette évolution. Avant les années 90, un premier foyer d´intérêt est constitué dans l'historiographie néohellénique autour d´Abraam Benaroya, figure de proue de la "Fédération Ouvrière Socialiste de Salonique", appelée couramment Fédération. Anghelos Éléfantis a établi et présenté des textes d´Abraam Benaroya édités sous le titre La première carrière du prolétariat grec [en grec] (1ère éd. Olkos, Athènes 1975, 2ème éd. Kommouna, Athènes 1986). L´historien Antonis Liakos a publié une très intéressante étude sur cette organisation syndicale La Fédération Ouvrière Socialiste de Thessalonique (Fédération) [en grec] (Ed. Paratiritis, Salonique 1985.) La recherche des débuts du mouvement ouvrier grec conduisait tout naturellement à ce milieu de Juifs saloniciens du début du 20e siècle, représentant une première rencontre par la voie de l´histoire de la gauche.

Mais c´est au début des années `90 que les publications commenceront à se multiplier. Le livre Juifs et Chrétiens dans les îles du sud-est de la mer Égée [en grec] (éd. Trochalia, Athènes 1992) par lequel l'auteur, Maria Eftymiou, introduit de nouveaux paramètres concernant la coexistence traditionnelle des différentes communautés sous l'administration ottomane, et brosse un tableau bien plus complexe que l'image d'Épinal communément admise d'une coéxistence "idyllique". Cet ouvrage est un des rares qui porte exclusivement sur la longue période de domination ottomane. Un autre ouvrage, également intéressant, publié récemment, porte sur la communauté salonicienne (Alberto Nar, Gisant sur le rivage, études sur la communauté juive de Salonique [en grec], éditions Néféli, Athènes 1997). Nous pouvons également évoquer la thèse de Réna Molho, soutenue en 1997 à l´Université de Strasbourg, portant notamment sur la communauté juive de Salonique (en attente de publication).

La vie des communautés juives sous domination ottomane est encore un domaine pratiquement inexploré des historiens grecs. Par contre, il convient de signaler l´oeuvre monumentale de Joseph Nehama, Histoire des Israélites de Salonique (tomes I à IV édités à Paris en 1935-1936, tome V 1959, tomes VI et VII, édités par la Communauté Israélite de Thessalonique en 1978). Le fait que cette oeuvre de référence reste jusqu´à présent sans traduction grecque est caractéristique du manque d´intérêt qui a sévit sur le sujet. Dans les travaux d´historiens étrangers, il faut signaler l´ouvrage collectif Salonique 1850-1919, La "ville des Juifs" et le réveil des Balkans (sous la direction de Gilles Veinstein, éd. Autrement, collection "Mémoires", Paris 1992) et la récente thèse de Bernard Pierron Juifs et Chrétiens de la Grèce moderne, Histoire des relations intercommunautaires de 1821 à 1945, éd. L´Harmattan, Paris 1996, qui pose la question de la situation des Juifs dans une Grèce indépendante.

Il est vrai que l'intérêt pour la communauté juive de Grèce a été presque entièrement monopolisé - et cela se comprend aisément - par des études sur cet événement capital de l'histoire européenne du XXe siècle que constitue "la solution finale", la déportation et le génocide des Juifs par les nazis. Pendant les années 90 une "explosion éditoriale" a rompu le silence qui avait duré presque 45 ans.

Dans ce domaine l'apport grec est presque contemporain de la bibliographie étrangère qui marque, en Europe, un retard également de plusieurs décennies sur ce sujet. Dans ce domaine également quelques rares publications antérieures ont vu le jour. La bibliographie en langue grecque concernant la déportation des Juifs de Grèce a commencé à se constituer en 1976, c'est à dire trente ans après la libération. Ces deux premiers titres ont été des traductions.

Le premier est la traduction en grec, par Georges Zographakis, du livre In Memoriam de Michael Molho - Joseph Nehama, publié en 1970 par la Communauté Israélite de Salonique. Cet excellent travail publié initialement en français (1948-1953, 1ère éd.), était le produit de la collaboration entre le rabbin de Salonique Michael Molho et le savant Joseph Nehama. Le livre débute par la description de la communauté juive de Salonique à la veille de la déportation, puis il brosse la chronique détaillée des persécutions subies par cette communauté. Il se réfère brièvement aux zônes d'occupation bulgare et italienne (une page et demi environ est consacrée à chaque ville dont la communauté à été déportée : Volos, Larissa, Trikala, Ioannina, Kastoria, Hirakléion, La Chanée etc...).

Cet ouvrage relève du témoignage, puisqu'il est écrit par des personnes qui ont vécu les événements, mais aussi de l'historiographie, puisqu'il traite avec une méthodologie scientifique cet énorme matériau. Il en était de même du livre de Myriam Novitch, Le passage des barbares. Contribution à l'Histoire de la Déportation et de la Résistance des Juifs de Grèce, (traduction en grec de Georges Zographakis, éd. de l'Association pour l'amitié gréco-israélienne, Athènes 1985. 1ère éd. en français, Paris 1967, 2ème éd., Paris 1982). L'auteur a rassemblé une très importante masse de données, constituée surtout de témoignages de Juifs grecs ayant survécus aux camps de concentration ou ayant participé à la Résistance. La valeur des informations est de source précieuse mais elle n'a pas celle d´un ouvrage d´historiographie, son contenu n'ayant subi aucun traitement. De fait, le travail de l'auteur consistait justement à recueillir à partir de 1945 des documents et des témoignages dans tous les pays européens pour le compte des archives Lohamei-Hagetaot, en Israël.

Ces deux livres ne prennent pas de distance par rapport aux événements, ce qui leur donne un ton affectivement très chargé (lamentation pour le désastre, colère devant ce qui s'est passé, étonnement et embarras, sentiment de dette morale envers tous ceux qui ne sont pas revenus). Ceci semble tout à fait normal, puisque les auteurs sont des Juifs ayant vécu cette période historique et cherchant par leur récit à conserver la mémoire de ces événements, Myriam Novitch faisant elle-même partie des survivants d´Auschwitz. Ces deux premiers livres constituent une présentation "à chaud" du sujet, ils sont édités par des organismes qui cherchent à conserver la mémoire de la Shoah. Ils ont longtemps trouvé un caractère confidentiel, concernant uniquement la communauté juive, le premier provenant des publications de la Communauté Israélite, le second d´une Association et non d´un éditeur ; ils étaient introuvables en librairie et n´avaient touché aucun autre public.

Pour la publication des témoignages des survivants grecs on devra attendre pratiquement les années 90. En 1981, le premier témoignage, celui de Heinz Kounio, ayant pour titre J'ai vécu la mort [en grec], sera publié à Salonique (à compte d´auteur). Mais ce n'est qu'à la fin des années 80 et au début des années 90 que nous relevons un accroissement notable des publications de témoignages de Juifs grecs ayant fait l'expérience des camps de concentration. De 1989 à 1998, quinze livres vont paraître, tous sont de très importants témoignages. La communauté juive de Grèce ayant perdu le 87% de sa population -le pourcentage le plus élevé en Europe- aura eu enfin droit a quelques temoignages qui, bien-sûr, ont également valeur de mémoire collective.

Cette série de témoignages sera inaugurée par le livre de Berry Nahmias ayant pour titre Un cri pour l'avenir [en grec], (éditions Kaktos, Athènes 1989). La parution de ce livre dans une maison d'édition athénienne revêt, à mon avis, une importance particulière, car elle marque le passage d'éditions communautaires ou à titre d´auteur au circuit commercial du livre et ouvre donc à la vente en librairie. De plus ce livre présente une importance supplémentaire en raison que Berry Nahmias est originaire de Kastoria et vit actuellement à Athènes. En effet l'histoire de la déportation a très souvent été liée, voire de manière quasi exclusive, à la ville de Salonique, et des témoignages concernant aussi d´autres villes étaient indispensables. Le seul autre témoignage qui sera édité à Athènes est celui d' Erricos Sevillia, préfacé et annoté par Nicolas Stavroulaki (Athènes-Auschwitz, éd. Hestia, Athènes 1995).

La publication de plusieurs témoignages de Salonique est liée au travail de Franguiski Abatzopoulou qui a établi et présenté bon nombre parmi eux. On doit souligner ici le fait que certains d´entre eux ne sont pas le fruit des souvenirs tardifs de leurs auteurs survivants, mais la publication de notes et de cahiers manuscrits qui ont été retrouvés des années après dans les camps. Ces éditions ont été réalisées par la Fondation Ets Ahaim (témoignages de Marcel Natzari et de Marc Nahon, Salonique 1991), par les éditions saloniciennes Paratiritis (les très importantes mémoires de Yomtov Yakoel -cahier de 1941 à 1943 retrouvé- ainsi que le livre de Franguiski Abatzopoulou L' Holocauste dans les témoignages des Juifs de Grèce [en grec], (Salonique 1993, synthèse de tous les témoignages publiés jusqu'alors), ou bien par les deux organismes regroupés, La Fondation Ets Ahaim et les éditions Paratiritis, comme ce fût le cas du livre de Jacques Hantali, De la Tour Blanche aux portes d´ Auschwitz [en grec]. Ces mêmes éditeurs viennent de publier un volumineux ouvrage de 600 pages regroupant cette fois-ci les témoignages oraux de 45 Juifs survivants des camps (Erika Kounio-Amarilio /Alberto Nar, Témoignages oraux des Juifs de Salonique [en grec], Salonique 1998). Le livre est accompagné d´un tableau chronologique et d´un dictionnaire de Franguiski Abatzopoulou du monde concentrationnaire.

J'aimerais également citer brièvement un certain nombre de travaux historiographiques récents traitant de ce sujet. En 1994 le numéro 52-54 de la revue Synchrona Themata [en grec] comprenait un dossier important consacré aux Juifs de Grèce et constitué grâce aux soins de l'historienne Efi Avdela ; dans ce numéro sont présentés quatre articles traitant du problème des Juifs pendant l'occupation en Grèce. Les principaux axes de ces textes inauguraux dans la problématique de la question juive en Grèce s'appuyaient sur le silence des sources concernant la Résistance (Odette Varon-Vassard et Mark Mazower), des propositions d'approches méthodologiques de la Shoah (Barbara Spengler-Axiopoulou) ainsi que des récits autour de l´Holocauste (Franguiski Abatzopoulou).

En 1996 il y a eu réédition du livre de Polychronis Énépékidis, L' Holocauste des Juifs de Grèce [en grec], (1ère édition en 1969, épuisée de longue date, réédition par les éditions Hestia, Athènes 1996.). Le remplacement dans le titre du terme "persécutions" par celui d' "holocauste" relève de l'intention de l'auteur de rejoindre une problématique et une terminologie contemporaines. Ce livre constitue cependant un cas à part dans l'historiographie grecque : publié en 1969, en pleine dictature, par un auteur vivant à l'étranger et qui avait accès aux archives allemandes a touché un public très restreint. D'une part, sa réédition aujourd'hui par une grande maison d'édition prouve qu'un tel livre peut trouver, aujourd'hui auprès du public, un accueil beaucoup plus favorable, bien que d'autre part il paraisse dépassé pour plusieurs raisons : en premier lieu de par son écriture, c'est à dire la katharevoussa rigide des années 60, ensuite et surtout par sa structure et son style narratif, simpliste et journalistique : l'auteur appuie son récit linéaire sur des textes officiels qu'il cite tels quels, traduits simplement en grec. Par ailleurs, c'est cela, justement, qui constitue la valeur de ce livre aujourd'hui : il peut servir de source. Cette deuxième édition contient également une annexe avec des textes officiels concernant le sort des Juifs de Crète .

Le dernier livre de Franguiski Abatzopoulou, L'autre persécuté. Le portrait du Juif dans la littérature. Questions d'histoire et de fiction [en grec], (éd. Thémélio, Athènes 1998) traite de manière particulièrement pertinente de questions concernant la manière dont le génocide est perçu en littérature, et dans une seconde partie, de l´image du Juif en tant que "Autre" dans la littérature grecque.

Dans deux livres récents, celui de Mark Mazower, Dans la Grèce de Hitler, (traduction en grec par Kouréménos, Ed. Alexandria, Athènes 1994 / original en anglais) et celui de Hagen Fleischer, Royauté et Svastika, (2éme vol., éd. Papazissis, Athènes 1995 / original en allemand) nous trouvons deux chapitres sur la déportation des Juifs de Grèce. Il est important que dans ces deux livres traitant de l´Occupation en Grèce la déportation des Juifs trouve sa place dans son contexte historique, et non comme une histoire à part ; il y avait précédemment comme un malaise à traiter cette question, et les livres sur l´Occupation ou la Résistance laissaient souvent de côté le sujet, en renouvellant un silence trop connu. Pourtant la déportation et le génocide trouvnt leur véritable sens que dans leur contexte historique.

Enfin, il faudrait signaler la très récente parution des Actes du troisième Colloque de l' "Association pour l'étude des Juifs de Grèce", Les Juifs de Grèce pendant l'occupation [en grec], (supervision Rika Benveniste, éd. Vanias, Salonique 1998). Un autre volume, préparé par l'Association, paraîtra à la rentrée 98, à Athènes. Il s'attache à des sujets plus théoriques sur la mémoire du génocide du point de vue historique et psychanalytique (Histoire et mémoire juives [en grec], par les éditions Polis, avec des textes de Tzvetan Todorov, de Jacques Hassoun, de Yannis Thanassakos, de Rika Benveniste et d´Odette Varon-Vassard.)

Je voudrais souligner, à propos la contribution de cette Association à l´instauration de ces études en Grèce, l'organisation d'au moins quinze manifestations à Athènes et à Salonique de 1991 à 1998, des Journées d'Etude (telles que "Le génocide des Juifs et la question de responsabilité", Salonique, Février 97), des conférences de chercheurs étrangers, des publications ont réussi à instaurer un dialogue et à maintenir un intérêt vivant afin que de jeunes chercheurs décident de prendre en compte ces sujets, sachant que leurs travaux rencontreront un milieu d´accueil.

Mais au delà des approches scientifiques, d'autres existent, parmi lesquelles des approches littéraires. Je signalerai brièvement quelques ouvrages parus au cours du semestre dernier : Vassilis Boutos, Meurtre rituel [en grec], (roman sur les Juifs de Corfou, éd. Néféli,1997), E. Nahman, Iannéna, Voyage dans le passé [en grec], (Talos Press 1996) et la traduction en grec si attendue de La ville convoitée, Salonique de Joseph Nehama sous le nom de P.Risal (éd. Nissides, trad. du français de Vassilis Tomanas, Skopelos 1997 / 1ère éd. Paris 1917 ).

J'aimerais conclure par une constatation optimiste: après 1990 la bibliographie grecque sur ce sujet s'est enrichie de plusieurs publications tant dans le domaine des témoignages que dans celui des ouvrages théoriques ; ceci nous permet de dire que la voie s'ouvre pour ce champ d'étude scientifique. Des colloques, des Journées d'étude, des numéros spéciaux de revues, des articles isolés ou bien des livres, forment aujourd'hui une base sérieuse qu'on n'osait pas même espérer il y a dix ans. Le paysage s'est donc sensiblement modifié et le débat ne pourra que s'élargir dorénavant. Souhaitons donc que le mouvement continue et s'accentue dans le sens d'une recherche institutionnalisée, s'effectuant au sein des universités et des centres de recherches.


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